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Mercredi 24 juin 2009 3 24 /06 /Juin /2009 01:55

Mélanie est en sueur, sauf qu’elle claque des dents.

Recroquevillée sur son lit

Ses bras encerclent si fort son polochon blanc.

Un peu comme si en l’étranglant

Elle espère que son penchant

A la frayeur s’oublie.

Elle n’ose même pas téléphoner à une amie.

« Elle se réveille d’un banal cauchemar » me direz vous,

« Et celui-ci l’a abasourdie.

Ou se trouve le drame ? »  Me direz vous

« Ça nous arrive aussi à nous ».

 

Sauf que pour le coup

Le niveau de détails, de réalité de ses songes d’horreurs,

La relierai, si elle ne luttait pas, à la folie.

Le mot est faible mais oui,

Aujourd’hui s’endormir lui fait peur.

Dès qu’elle se réveille, elle croît qu’elle se meurt.

Et son corps, ses sensations lui donnent raison.

Il lui joue un numéro d’illusion parfait pour le croire.

La cause de son mal être est évidente,

La déchéance en découlant horripilante.

Des années que Mélanie vit en autarcie,

Ne fréquente ni famille, ni amis.

Elle ne perçoit en son cocon de surprotection

Aucune visite extérieure.

De son minuscule appartement elle ne sort

Qu’à l’aide du regard jeté par la fenêtre ou la télévision.

Pour subvenir à ses besoins quotidiens, il y a internet et les livraisons,

Et quand résonne la sonnette,

L’autre derrière la porte devient sujet de la phobie de Mélanie.

Non, ce n’est pas la xénophobie,

Mélanie souffre d’agoraphobie.

Donc sa porte, elle ne la déverrouille

Et l’ouvre qu’après avoir vérifié

Que le visiteur soit partit.

Et elle pleure longuement sur son balcon,

Quand il s’agit de voir disparaitre de la place en contrebas

Sa mère marchant main dans la main de son petit frère.

Il y a 10 ans en arrière, Mélanie, âgée de quinze ans et demi vécu ce trauma

D’assisté au viol organisé de sa meilleure amie,

Avant qu’elle-même en fasse les frais

Sur les quai du RER.

Les auteurs de cet acte maudit,

Un groupe de jeunes désaxés de son quartier

Avec qui elle a pourtant grandit.

  

Mélanie est en sueur, sauf qu’elle claque des dents.

Recroquevillée sur son lit

Ses bras encerclent si fort son polochon blanc.

Un peu comme si en l’étranglant

Elle espère que son penchant

A la frayeur s’oublie.

Elle n’ose même pas téléphoner à une amie.

« Elle se réveille d’un banal cauchemar » me direz vous,

« Et celui-ci l’a abasourdie.

Ou se trouve le drame ? »  Me direz vous

« Ça nous arrive aussi à nous ».

 

Ecoutez ceci,

Voici le cauchemar de Mélanie

Elle rêvait d’aller acheter une baguette à la boulangerie.

Abyss.

Par Abyss - Publié dans : Slam - Communauté : Poèmes d'aujourd'hui
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Mercredi 24 juin 2009 3 24 /06 /Juin /2009 02:02

Rappelle-toi de la première fois,

Ce jour ou t’as osé lui dire bonjour.

Dans la foule tu ne voyais qu’elle aux alentours.

Rappelle-toi de vos premiers pas,

L’époque où tout était caresse, tendresse.

 

Du mieux qu’elle le peut, elle maquille ses bleus.

Séchant ses larmes de sang,

Les doigts encore tout tremblant

Devant ce miroir bien trop grand.

Car devenant le pâle écran de ses déboires.

 

A chaque fois elle n’arrive pas à y croire,

Elle pense qu’il faut mettre un terme à cela

Surtout ce soir, car ce soir elle a honte

Les coups sur son corps, les coups au moral

Elle en a marre que ce soit elle qu’il affronte.

 

Honte car cette nuit elle hurla de douleur,

D’habitude, elle étouffe ses clameurs.

Demain, elle priera de faire illusion,

Afin que ses gamins ne remarquent rien,

Et elle baissera les yeux en croisant les voisins.

 

Rappelle-toi le premier rendez-vous

T’as sur joué glamour ton côté humour,

Pour l’attendrir t’as ramé comme un fou.

Rappelle-toi de vos longs discours,

L’époque ou vous rêviez joue contre joue.

 

Du mieux qu’elle peut, elle survie les enfers

Espère qu’il redevienne ce mari qu’elle a choisit.

Elle l’aime, pleure, elle a peur, elle crie

Pourquoi l’amour est devenu violence ?

Elle a peur, elle l’aime, puis pense « les blessures se pansent… »

 

Alors elle oublie en partie ces cruelles danses.

Elle joue son rôle, se fait son cinéma.

Rare sont ceux qui détectent sa détresse,

Elle cache sa tristesse derrière un fond de teint de liesse,

Mais parfois elle émet de furtif SOS.

 

Sa détresse, style de vie haut en stress.

La haine, la peine la sonne, victime de rapt

Chaque jour elle se sent de plus en plus seule.

Dans ce puzzle recouvert d’un linceul.

Tout l’monde en parle mais tout le monde s’en tape…

  

Rappelle-toi le pourquoi

Du choix de cette nana,

Que tu n’as pas toujours suivis cette voie.

Rappelle-toi que tu n’es plus l’même homme

Que tu t’es écarté de ce en quoi tu crois.

 

Regarde-toi…

Comment affrontes-tu le miroir ?

Ton cœur est si sombre et ton regard noir.

Chacune de vos disputes portent l’ombre de tes insultes.

 

Regarde-toi…

Tu n’admets pas tes tords,

Tu réfutes et la menaces de mort.

Tu veux qu’elle se taise car la vérité te pèse.

 

Regarde-toi…

Même vos amis te fuient ;

Tu la persécutes de colère et jalousie.

A chaque rechute tu la traites comme une pute.

Tu l’aimes à coups d’uppercut…

 

Regarde-toi…

Misérable, tu te persuades que tu n’es pas coupable.

Serait-ce elle le monstre qui te rend victime ?

Incroyable… tu ne la respectes pas, incapable.

 

Regarde-toi…

Elle t’aime quand même, voilà son crime.

Tes enfants s’éloignent de toi ?! Aveugle égoïste,

Elle ne leur monte pas la tête, ils te voient…

 

Regarde-toi, c’est triste…

Tu te détestes

Parce qu’ils te détestent

Car tu les détestes, Car tu les détestes…

 

Rappelle-toi de cela,

Quand tu voudras causer du mal,

Quand tu charges ton revolver de balles.

Rappelle-toi, papa, que tu as d’autre choix

Que celui que tu as pris…

Rien ne t’oblige à rester parmi les brutes fatales.

Abyss.

Par Abyss - Publié dans : Slam - Communauté : Poèmes d'aujourd'hui
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Mercredi 24 juin 2009 3 24 /06 /Juin /2009 02:09

Le vent se lève.
Les branches se soulèvent.
L’odeur agréable des pins naufrage,
L’arbre sous lequel je suis
Se trouve en bordure de plage.
Une feuille sème une goutte sur mon front.
Adossé sur le tronc mon regard fuit,
Aussi loin que s’enfuit l’obscurité de la nuit.
J’observe avec envie l’étui de mon violon,
Et je réfléchit à de nouvelles mélodies.
Mon tempérament se rafraîchit,
Peu importe ou s’égare mon esprit,
Tant que sur la mer la lune se réfléchit.
Mon cœur vient de vriller,
Une palpitation corsée,
Car une étoile s’est essoufflée…
Et j’me dis carpe diem
Pas le temps de devenir blême.
La tramontane déchire la surface ,
Les vagues sur la roche se cassent
Et là, une tornade de sable me fait face.
Un éclair fend le ciel
Engendrant une fugitive onde de lumière
Dans laquelle j’ai aperçu au loin,
Sous la pluie battante
Une ombre dansante,
La fille du grain de café,
Le bistrot de la rue d’à côté.
La jolie métisse dansait,
Pieds nus dans le sable,
Se faufilant entre les gouttes
Comme entre des tables.
Etirant ses bras comme des ailes.

Elle danse sous l’orage,
Tournoyant dans sa rage.
Elle est en âge,
Petite fille sage.


Elle danse sous l’orage,
Comme un oiseau en cage.
Coulent des gouttes sur son visage,
Oublie la tristesse ou elle nage.

Elle danse sous l’orage,
C’est sa façon de tourner la page.
Elle défie les nuages,
En a marre des mirages.

Elle danse sous l’orage,
Mère s’est jetée du dernier étage,
Père s’alcoolise souvent, c’est dommage,
De sa destinée elle reste otage

Elle danse sous l’orage,
Son cœur ne veut plus battre davantage,
Elle est presque devenue sauvage,
Des cœurs d’hommes elle en ravage.

Elle danse sous l’orage,
Pour reprendre le contrôle de son naufrage,
Elle ne croit plus aux vieux adages
N’écoute plus les conseils des vieux sages.


Elle danse sous l’orage…
Elle danse sous l’orage…

Abyss.

Par Abyss - Publié dans : Slam - Communauté : Poèmes d'aujourd'hui
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